Climat, le minimalisme sera une part de la solution

Publié le par Edouard Coste

Bonjour à tous,

 

Le minimalisme solution pour le climat et la réduction des déchets

Voici un an que je n’ai plus rien publié sur mon blog ! Les raisons ?  Tout simplement plus rien à dire depuis des mois, ni l’envie, ni la motivation… Vous comprendrez aisément que j’ai créé ce blog par pur plaisir de partager mon regard sur la vie à travers le prisme du minimalisme sans arrières pensées commerciales, d’ailleurs je n’ai aucune publicité tournant sur mon site.

 

La tentation de tourner en rond et de meubler était grande afin de maintenir mon audience… Hé oui le fait d’avoir régulièrement des lecteurs, de recevoir des questions ou des sollicitations de présentation à des events flattent l’Ego. En effet j’ai beau prôner le détachement matériel ou dans les relations interpersonnelles, il reste toujours en arrière-plan un relent d’Ego prêt à saisir la moindre faille, la moindre faiblesse pour me pousser à « briller » en société. La vie est faite de contrastes et nous devons l’accepter. Cependant ici j’ai su résister et je ne me suis pas forcé à sortir du contenu pour faire joli. Ceci aurait été à l’encontre de mes valeurs qui prônent une vie simple et faite de plaisirs, or dans le cas présent « m’obliger à » aurait été une contrainte que je me serais auto-infligée, quel comble non ? !

 

Aujourd’hui c’est donc plein de motivation et d’envie que je vais vous faire partager mon sentiment sur le climat et surtout les changements qui se sont opérés dans ma façon de consommer depuis un an.

 

Vous ne le savez pas mais depuis que ma fille est née il y a trois ans je compense ses émissions de CO2 et les miennes. L’idée étant de neutraliser son emprunte carbone dès sa naissance pour éviter de rajouter un poids à notre planète en surchauffe. J’ai donc cherché et trouvé une association qui est la référence au niveau suisse : Myclimate, son site : www.myclimate.org. Cet organisme est utilisé par de grosses boites au niveau national est c’est notamment via sa plateforme internet que vous pouvez compensez vos vols au départ de Genève Aéroport. Vous avez sur le site toutes les informations permettant de vous faire une idée de votre emprunte carbone. Pour ma part je me suis calé sur la moyenne européenne qui est de 12t de CO2 par personne et par an. J’ai pris ma fille pour moitié et je me suis mis à compenser 18t chaque année pour nous deux. Le prix est dérisoire puisqu’il faut compter CHF 500.- pour un certificat de 18t. De plus ce dernier est déductible des impôts ce qui me fait un coût net de l’ordre de CHF 300.-/an. C’est beaucoup pour certain, mais pour des Suisses qui travaillent et touchent un salaire et au vu des enjeux climatiques ce montant est très faible ! CHF 25.-/mois pour un adulte et un enfant c’est l’équivalent d’un plat du jour dans un restaurant. Par personne et après impôt c’est entre CHF 15.- et 20.- suivant le taux marginal et votre emprunte carbone, or nous pouvons tous nous le permettre et nous n’avons pas d’excuse à ne pas le faire dans des nos pays riches.

 

Ainsi une fois que nous avons pris la mesure de cet effort relativement bon marché, il apparaît que nos politiques s’engluent dans des débats futiles, en effet en Suisse par exemple il suffirait de monter la TVA de 1% selon mes estimations pour que les 8 millions de suisse compensent l’intégralité de leur emprunte carbone. C’est énorme 1% de TVA (environ CHF 1,4 mia), je l’admets mais c’est un petit prix à payer comparer à ce qu’il faudra débourser dans 20 ans ou plus pour s’adapter à la hausse des températures et à la perte de notre qualité de vie. Il faut toujours tout remettre en perspective. De ce fait il vaut mieux vaut faire un effort, certes conséquent, aujourd’hui que de tout sacrifier dans quelques décennies sans garantie de résultat qui plus est...

 

Or avec mes certificats en poche je me disais que tout était acquis pour moi. Je suis « riche » en comparaison internationale donc je paie pour faire planter des arbres ou investir dans des projets de réduction des émissions de CO2, afin de « nettoyer » la fumée toxique que je dégage. Merci au revoir, je suis clean e,t à chacun de faire des efforts moi s’est fait ! Je vivais très bien avec cette pensée mais c’était et c’est toujours un jeu de dupe. Alors oui il faut payer pour des projets de compensation de carbone pour aider notre planète à aller mieux, mais ce n’est pas suffisant, car le principe du pollueur payeur engendre toujours une augmentation des biens et services de consommation. Je m’explique : si vous prenez l’avion et que vous payer pour avoir une emprunte carbone neutre, le carbone expulsé dans l’atmosphère sera récupéré mais vous aurez tout de même contribuer à faire augmenter la demande pour un trajet en avion. Il en découlera un besoin d’augmenter les capacités du trafic aérien avec une trajectoire exponentielle ce qui va détruire toujours plus nos ressources naturelles. Car même si nous compensions tous l’intégralité des émissions de CO2 du transport aérien mais que ce dernier continue à croître fortement, alors nous continuerons à provoquer d’autres soucis majeurs pour notre environnement qui sont : la destruction ressources et l’accumulation de déchets ! Ce combo est à la base de la destruction de notre biodiversité.  

 

Et c’est là que le bât blesse car bien que je compense mon CO2 je continue à engendrer avec ma fille une quantité phénoménale de déchets dû au gaspillage alimentaire, aux suremballages des produits bios par exemple, aux jouets en plastique non recyclable, aux vêtements, etc. Chaque semaine je jette 2 sacs de 35 litres au minimum, puis j’empile des mètres cube de bric-à-brac que j’emmène une fois par mois à la déchetterie. Alors oui en Suisse oui nous somme les champions du monde du recyclage avec un taux de l’ordre de 50%, cependant nous produisons environ 700kg de déchet par habitant et par an (3ème au niveau européen). Il reste ainsi toujours 350kg qui finissent dans des incinérateurs ou en décharge. Il vaut donc mieux être un Ghanéen qui ne recycle rien mais qui produit moins de 40kg de déchet par an en moyenne. Ce raisonnement est très théorique c'est évident car les pays en développement même s’ils polluent moins par tête de pipe finissent par polluer plus en valeur absolue étant donnée leur population gigantesque . Pas simple donc.

 

( Voici un site intéressant affichant des compteurs simultanés sur la production de déchets dans le monde. Il y a notamment un passage intéressant sur la quantité de déchets absorbée par les rats à Paris 😉 https://www.planetoscope.com/recyclage-dechets/dechets )

On voit ici que de se cantonner à un des paramètres mettant à mal la Terre ne suffit pas. Il faut donc changer nos habitudes de consommation en profondeur pour décroître et faire chuter la consommation mondiale tout en cherchant à « nettoyer » notre environnement. Il faut donc mener deux combats de front. Ainsi en plus d’acheter des certificats carbones il faut arrêter de prendre l’avion, manger moins de viande, faire durer plus longtemps nos objets avant de les recycler ou de les jeter, etc.

 

Pour ma part je continue à payer mes certificats de CO2, mais dorénavant j’essaie de faire diminuer l’ensemble de ma consommation. Je me suis donc résigné à ne plus voyager loin, je n’irai donc probablement plus aux Etats-Unis, je n’irai pas non plus en Australie qui était l'un de mes rêves (du moins en avion, peut-être un jour irai-je là-bas en bateau quand je serai à la retraite…). De ce fait je vais restreindre mes vacances à l’Europe et essayer d’y aller en train. Je commence à limiter au maximum ma consommation de viande, je ne commande plus de bouteille d’eau au restaurant alors que nous avons une excellente eau du robinet, il y a plein d'autres exemples que vous pouvez trouver pas vous même ou sur d'autres blogues.

 

Enfin dernier point, je parle de mon engagement à mon entourage familial ou professionnel. Les gens sont ouverts maintenant à ces problématiques. Par conséquent leur expliquer ma démarche suscite leur intérêt ou les incitent à me poser des questions. Or de parler de ce que vous faites permet de donner l’exemple tout en faisant connaitre des solutions à des personnes ouvertes à les suivre. Par exemple, j’ai réussi à changer le comportement de certains de mes collègues en attirant leur attention sur le fait que jeter leurs mégots par terre signifiait les voir finir dans la rivière la plus proche. D’en prendre conscience leur a fait les jeter dans un cendrier. Ici ce n’était pas par envie de dégrader le Rhône qui les faisait écraser leur cigarette par terre mais une habitude des temps ou l’environnement n’était pas une préoccupation, ces automatismes sont restés. Par contre la bonne nouvelle c'est que nous pouvons en créer de nouveaux !

 

Alors n’hésitez pas à faire des efforts et à demander à vos proches d’en faire avec vous. Ça en vaut la peine, pour ma part j’ai pu convaincre du monde de compenser une partie de leur emprunte carbone via des programmes de plantation d’arbres. Ainsi quelques milliers de mètres carrés ont été reboisés grâce à moi et d’autres le sauront grâce à vous !

 

Ainsi consommez moins vous apportera du plaisir comme nous l’avons vu dans des articles consacrés au minimalisme :

http://www.minimalisme.ch/zero-dechet

http://www.minimalisme.ch/en-cas-d-incendie

http://www.minimalisme.ch/pourquoi-devenir-minimaliste

Et en plus consommer moins est l'une des meilleures solutions pour préserver notre environnement et se garantir un futur agréable pour notre retraite et nos enfants !

 

Passez de Joyeuses fêtes de Pâques !

Edouard Coste

FB : Edouard Coste blogueur - minimalisme.ch

Publié dans Société

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