Gouvernances étatiques : fin de la démocratie ?

Publié le par Edouard Coste

la démocratie s'effrite-t-elle?
la démocratie s'effrite-t-elle?

En tant que minimaliste nous pouvons nous permettre de prendre de beaux raccourcis pour résumer un état de fait ; les démocraties n’existent plus que sur le papier, à l’exception de la Suisse qui reste un des derniers bastions de ce mode de gouvernance. Car qui pourrait encore croire que les autres démocraties sont encore dirigées par les peuples qui les composent ? Que ce soit dans nos pays voisins européens: France, Allemagne, Italie, … ou même dans une des références mondiale historique que sont les Etats-Unis, il y a bien longtemps que les citoyens ne se prononcent plus sur les règles régissant leur vie aux travers des lois de leur pays. Ils n’ont pas non plus leur mot à dire sur leur gouvernement conduisant leur Patrie. Non les citoyens de ces pseudos démocraties se voient pour l’instant contraints de choisir des programmes de gestion de l’Etat au travers de partis politiques très peu variés. Ce ne sont jamais les citoyens qui apportent des idées nouvelles pour améliorer leur quotidien ni qui ont le dernier mot sur ce que devrait être la gestion de l’Etat ou sur le « comment bien vivre ensemble ? », non ce sont ces même familles politiques qui s’accordent sur des programmes utopistes et irréalistes en périodes électorales pour prendre les commande pour ensuite se laisser enfermer dans les réalités du pouvoir et des multiple contraintes internes à leur parti et au système en place ou à des obligations externes imposées par des lobbyistes certes, mais aussi par des accords internationaux, des réalités budgétaires, des créanciers, des réalités économiques et ne l’oublions pas de la société qui bien souvent n’est pas prête à faire des efforts pour le bien commun.

De fait le citoyen est pris en otage entre des politiques et concepts souvent limités à deux ou trois clans dirigés par des politiciens. Politiciens dont leur métier de base et souvent de durer le plus longtemps possible dans la représentation de leurs électeurs ou dans leur fonction dirigeante, ce n’est plus une réelle vocation bien souvent mais un job comme un autre avec des avantages et des inconvénients, avec une rémunération, des vacances et une retraite assurée comme chaque employé lambda. Ces travailleurs de l’Etat finissent bien souvent par être obéissants et soumis vis-à-vis de leur parti ou de leur administration, ils suivent donc leur carrière en évitant de se faire sortir du jeu, ce qui les conduit bien souvent à oublier le rapport qui les unit avec les citoyens dont ils sont censés être à leurs services. Il y a donc ici déjà une forme de difficulté cruciale à trouver un équilibre entre avoir des personnes professionnelles et compétentes à des fonctions clés, et à avoir des fonctionnaires qui vivent, pensent et rêvent comme leur électorat nu de mandat politique. C’est un fait que le cœur des fonctionnaires ne bat plus au même rythme que celui de la base électorale. Ce décalage implique des tensions parfois extrêmes.

Prenons quelques paradoxes flagrants. En France notamment il est devenu vital de réduire les déficits, mais au travers de quel moyens ? Augmenter les impôts serait contre-productif et surtout une source de tensions sociales ingérables, mais réduire le train de vie de l’Etat en coupant des prestations sociale ou en diminuant des services publiques peut aussi conduire à des mouvements sociaux durs comme c’est très souvent le cas dans ce pays il faut dire ingérable. Or sans la croissance cette équation est insoluble et pourtant il faudrait trancher et prendre parti pour une alternative et d’assumer de pénaliser fortement une partie de la population pour le bien de la Nation. Un choix devrait être fait pour sacrifier du moins momentanément ce soit certains contribuables en les accablant un peu plus sous les impôts ou alors en fâchant une autre classe de la population en lui diminuant fortement certains avantages financiers ou prestations sociales. Qu’on se le dise cette équation est insoluble pour les politiques en place puisqu’il faudrait trancher, assumer et tenir tête à une très grande partie des habitants du pays si l’on s’attaque au classe moyenne ou alors à des classes économiques au pouvoir financier important. Nous ne pouvons pour l’instant que constater avec force que ce « discours médian », visant à ne réellement froisser personne est dévastateur puisqu’il finit à terme par scléroser la gestion de l’Etat et ses comptes, tout et pénalisant le bien commun et en hypothéquant les générations futures.

Pourquoi la démocratie n’existe-t-elle plus quand bien même il existe toujours des élections ? Dans un premier temps parce ce sont les politiques qui proposent un type de gouvernance au travers de leurs programmes électoraux donc les citoyens lambda n’ont pas leur mot à dire dans l’élaboration des lois imaginé par des « élites ». Malgré tout il arrive que ces programmes soient parfois bons et ambitieux or c’est justement au moment où ils devraient être appliqués par des élus fraichement débarqué à des fonctions clés, que la démocratie s’efface totalement puisque ces derniers ne réalisent pas ce qui avait été prévu d’être fait. Les feuilles de route sont tout simplement mises au placard au profit d’une carrière, des contraintes de leurs fonctions et de celles déjà mentionnées ci-dessus. Les élus se transmutent instantanément en des dirigeants occupants des postes formatés. Les hommes s’effacent derrière leurs costumes qui finissent par prendre prennent le dessus sur les convictions et promesses déjà reléguées au passé. Gare à ceux qui par honnêteté tenteraient de ne pas porter l’habit étriqué qui leur est destiné car ils finiraient par être relayé a des rôles d’outsider sans réelles fonctions hormis celle de focaliser l’attention du public afin que les troupes des partis bien groupé puisse se consacrer à leurs occupations peu populaire. Là aussi le jeu est bien rodé puisque même les partis d’opposition tiennent leur place et respectent des codes bien établis en attendant le jour où ils seront de retour aux affaires

Les électeurs ainsi grugés feront le dos rond et attendront les prochaines élections en rêvant de pouvoir faire élire de nouvelles personnes, cette fois plus fidèles et courageuses que les actuelles. Aucun autre pays que la Suisse n’a le luxe de pouvoir bénéficier du referendum tout au long de l’année et concernant tous les sujets de société. Quitte à parfois désavouer des élus et décisions prisent par nos représentants. Ce contrepouvoir aide les élus à garder les pieds sur terre et à œuvrer pour mettre en place des décisions émanant des élections. Ces referendums aident aussi à la paix sociale car lorsque des décisions sont prises par ce mode de scrutin elles sont de facto validées et ne peuvent être qu’acceptée puisque ce sont l’entier des électeurs qui ont tranchés et non plus une poignée de dirigeants. Il n’a donc aucun compromis ou malversation qui pourraient se cacher derrière une décision douloureuse pour les « perdants », le fairplay est donc de mise.

Mais revenons à nos autres « démocratie ». En effet jusqu’à présent toute la faute a été reportée sur les politiciens, voir sur un système mis en place au travers et par cette fameuse « société » déjà abordée dans ce blog (lire par exemple http://www.minimalisme.ch/tv), tout cette agitation autour des politiques serait oublier que si les politiciens ne veulent ou ne peuvent pas appliquer leur programme nécessaires et ambitieux c’est qu’ils ont bien souvent peur de lobbyistes, du patronat ou de leur partenaires extérieurs mais avant tout et surtout, de la réaction de leur peuple ! Car ce dernier trop souvent est paresseux et égoïste. Le citoyen souhaite des changements pour autant que ces derniers ne se fassent pas à son détriment, pire il n’est pas prêt à se soulever et s’associer à ceux qui pensent comme lui, il préfère laisser couler au lieu de se mobiliser avec ceux les très nombreux déçus partageant les mêmes désirs de changement. Le plus grave et que cette foule aura toujours plus de pouvoir que les élus et gouvernement en place, la dernière preuve en date aura été le printemps arabes ou des dictatures n’ont pas pu résister à un peuple soudé et déterminé. Cependant en ne se rendant pas compte de cette force gigantesque qu’est la foule nous pouvons facilement arriver à la conclusion que le citoyen lambda est bête et que la masse de ces citoyens l’est encore plus car elle gâche le moyen de corriger les disparités et injustices qui jonchent la plus part de toutes nos démocraties, mauvaise répartition des richesses, problème d’insécurité, accès au soin, discrimination en tout genre, etc. D’ailleurs pour conclure sur la bêtise du peuple, le Général de Gaulle n’a-t-il pas dit que les Français étaient des veaux ? Quelle métaphore parfaite ! En effet qu’elle être vivant peut être aussi doué de peu de réflexion et aussi paresseux qu’une vache, ruminant qui plus est, tout comme le commun des mortels rumine sur sa vie rarement heureuse.

Les Français ont été mes seuls exemples dans cet article, probablement parce qu’ils sont la quintessence de l’absurdité en politique, surtout en ce moment où les gouvernements changent au grès des saisons… Les derniers événements font plus penser à une république bananière qu’à la deuxième puissance européenne. Au vu de l’actualité nous pourrions légitimement nos poser la question de savoir si certaines dictatures me finiraient pas par être une meilleure solution à long terme que certaines des démocraties mentionnée. En effet ne vaut-il pas mieux avoir un cap bien défini que de laisser un bateau partir à la dérive sans personne à la barre ? Je mets au défi quiconque de me prouver que les Irakiens, et spécialement les Irakiennes, actuellement sous régime démocratique, sont plus heureux et heureuses aujourd’hui avec le retour en force des dogmes religieux qui entravent leur quotidien bien plus lorsque qu’ils et elles vivaient sous Saddam qui avait instauré le seul état laïque du Moyen Orient. Que dire du fait que ce pays sans chef fort à sa tête vit une guerre civile et risque de basculer sous l’emprise de l’état islamiste… Le cas est extrême mais le but et d’alimenter le débat pour ceux qui le souhaiteraient.

Passez un excellent week-end !

Edouard Coste

FB : minimalisme.ch et Edouard Coste

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