Ne culpabilisez pas de ne rien faire...

Publié le par Edouard Coste

Ne culpabilisez pas de ne rien faire...

Voici ma dernière publication de l’année. Je reprendrai mes articles après deux semaines de vacances bien méritées. Aujourd’hui nous allons aborder un sujet qui est aux antipodes de nos convictions profondes, un thème qui parait fou dans le monde dans lequel nous vivons, un monde qui va de plus en plus vite, où les opportunités offertes de divertissements sont quasi infinies, un monde qui nous fait déjà regretter de n’avoir pas assez de temps ni d’argent pour tout expérimenter, alors comment faire pour vous vendre le fait de ne « rien faire », de laisser filer un peu de ce temps si précieux grâce auquel vous auriez pu caser une ou plusieurs activités ? Comment faire la promotion de ce thème qui peut passer pour du gâchis ?

Ne s’agit-il pas de temps perdu à jamais, de précieuse minutes qui auraient pu être utiles pour avancer dans votre carrière professionnelle ou qui aurait pu vous servir à vous amuser, seul ou avec vos amis, à découvrir de nouveaux horizons,… Travailler ou se divertir, voilà comment nous devons dépenser notre temps. Trainer c’est vieillir et laisser filer ce qu’il y a de plus précieux, notre vie ! Qui ne l’a jamais pensé ou entendu ? N’avez-vous pas été à des colloques où l’on vous a vendu qu’il fallait agir aujourd’hui et non pas demain ? N’avez-vous pas entendu des répliques de film dans lesquels un héros mourant regrette de ne pas avoir pu réaliser un grand objectif, qu’il n’aurait pas dû perdre de temps dans des futilités. Oui nous sommes plus intelligent après coup il est vrai.

Alors que peut-on faire face à cette fatalité du sable qui s’écoule dans son tube de verre et qui nous fait penser à des souffles de vie qui s’envolent à jamais ? Doit-on courir aussi vite que possible et ne dormir que pour se reposer avant de mieux repartir à la conquête de nouveaux défis ? Ou doit-on se résigner à la fatalité que nous allons perdre un peu de ce temps si précieux durant le cours de notre vie ?

La réponse est probablement tout autre. Pourquoi n’y aurait-il que deux solutions. Pensez hors de la boite ! Extrayez-vous de cette fâcheuse tendance à être conformiste et à faire vos choix entre des options toutes faites. Construisez votre vision en tentant d’aborder le temps sous un autre angle ! Lisez des livres qui vous donnerons des pistes différentes des principaux clichés, cherchez, fouinez, questionnez des étrangers qui pensent autrement. Pour à la fin vous faire plaisir à repensez une ligne temporelle à votre mesure.

Voici ce pendant une piste à explorer. Celle-ci consiste à rester réaliste et à faire une croix sur le fait que nous ne pourrons pas réaliser l’ensemble de ce que cette vie a à nous apporter. Nous ne pourrons visiter tous les pays et villes du monde, nous ne pourrons embrasser toutes les carrières professionnelles qui nous font rêver, nous ne serons pas à même de voir toutes les expositions que les musées ont à nous offrir, nous ne pratiquerons probablement pas tous les sports qui nous font frissonner et nous ne pourrons pas expérimenter ne serait-ce qu’un dixième des relations sentimentales possibles. Seul ceux qui croient en la réincarnation peuvent caresser l’espoir de pouvoir tout voir et ressentir sur un nombre incalculable de vies. Pour les autre il faut se contenter de se dire que les quelques dizaines d’années à disposition ne serviront qu’à couvrir un nombre restreint de possibilité. Alors il faut se focaliser sur les points qui nous tiennent à cœur (ce référer au précédent article http://www.minimalisme.ch/déterminer-vos-priorités)

Et pour ce faire il faut pouvoir y penser et prendre le temps de ressentir ce qu’il nous ferait plaisir d’accomplir dans notre futur. D’autant penserons qu’il suffit d’allouer une séquence de vie à cette tâche, d’y réfléchir fort durant un temps précis et une durée donnée, comme s’il s’agissait de résoudre un problème fonctionnel de la vie de tous les jours. Aborder son futur et ses envies sous le prisme d’un travail quelconque est réducteur, et surtout utopique car nous parlons ici de sentiments, d’envie future, de ce bonheur que nous cherchons à maximiser. La réflexion pure même la plus logique ne suffira pas à vous donner une réponse satisfaisante car la vie n’est pas faite que de logique. Pensez-vous dès lors que vous pourrez commander la venue de vos ressentis pour le 13 du mois prochain de 17h à 20h afin que ceux-ci soient au garde-à-vous prêt à vous donner LA ou LES réponses dont vous aurez besoin ? – Non ! Allez-vous laisser votre mental prendre le dessus et vous dicter vos choix de vie entre une sortie de travail et un diner ? – Non ! Combien de temps êtes-vous prêt à allouer à votre bonheur ? La réponse est ici moins aisée du fait même qu’elle est très subjective et influencé par la personnalité de chacun. Il est d’autant plus difficile de quantifié le temps malgré toutes notre technologie pouvant le mesuré à la milliardième de seconde, il s’agit là encore d’une impression, d’une émotion…

La seule possibilité pourtant n’est pas une question de temps alloué mais de laisser le temps à vos sentiments de faire surface, de s’exprimer. Et il est évident que plus vous aurez eu un emploi du temps chargé et une vie tumultueuse plus vos sentiments seront, non pas cachés, mais tout simplement endormis. A force de les ignorer, de faire taire nos émotions au profit de notre quotidien, de notre routine et de nos vies effrénées, nos sentiments profonds ont bien souvent abandonnés le combat et ont fini par se faire à l’idée que notre mental et nos automatismes pilotent nos vies. Il faut alors de gros bouleversements pour qu’ils se manifestent, tel que des traumatismes, de grosses frustrations ou des élans d’amour énormes. Et encore ceux-ci sortiront en ordre dispersés, de un brouhaha qui nous ferons passé des sentiments de frustration pour de l’envie, de l’espoir pour de la rémission,... La cacophonie est assurée !

Pour connaitre notre sentiments profonds et apprendre à les reconnaitre il faut du temps, de la patience et s’y intéresser. Il faut prendre le temps et « ne rien faire » reste le meilleur moyen d’y parvenir, « ne rien faire » ne veut pas uniquement dire attendre bêtement allongé sur son lit, c’est une des options possibles mais « ne rien faire » ici veut surtout vouloir dire ne pas « s’obliger à » ! Ne pas partir à la conquête d’un but précis mais se laisser porter par ses pensées et ses envies. Si celles-ci sont c’est de trainer au fond du lit le matin : alors faites-le, si c’est lire un magazine : ouvrez en un, si c’est se promenez : allez-vous balader ! Vous pouvez aussi méditer pour faire taire votre mental qui vous perturbe et laisser vos sentiments s’exprimer. Soyez à l’écoute lorsque ceux-ci resurgirons par bribe puis par flots. « Ne rien faire » en attendant que quelque chose se passe de « cette non-action » ne vous apportera rien car vous serez encore dans l’expectative que cette action passive vous apporte une réponse précise. Non ne faites rien en vous laisser la possibilité que rien ne se passe ! En laissant consciemment le temps s’écouler et filer, en laissant la nature opérer, en laissant votre rythme biologique prendre le dessus et ça sera dans ces moments-là que les étincelles de génie explose telle une évidence ! Eureka ! Vous souvenez vous d’Archimède ? C’est en prenant tranquillement son bain qu’il découvrira la poussée qui porte son nom ! Et que dire de Newton est la pomme qu’il a vu tomber de l’arbre parce qu’il était d’une humeur contemplative ! Les grands philosophes antiques avaient nous le savons aussi du temps pour eux, ils n’étaient pas envahi par le stress de devoir réfléchir à une théorie en particulier dans un laps de temps défini d’avance.

Si vous prenez le temps de revenir sur les 80-20 de Pareto il s’avère là aussi que seuls quelques moments clés influencent pour majeur partie toute votre existence. Seulement il faut leur laisser la place lorsque ces moments sont censés venir de votre ressenti, lorsqu’il s’agit de prendre des décisions autres que de savoir de quelle couleur vous allez repeindre votre chambre ! Lorsqu’il s’agit de savoir comment être heureux ? Quelles relations humaines vous apportent de la joie ? Quelle activité professionnelle vous comblerait les 5 prochaines années ? Quel hobby vous apporterait une grande distraction ? Quelle grande cause vous souhaiteriez défendre ? Il faut des moments de génie et une inspiration quasi divine ! De plus vous devrez monopoliser l’ensemble de vos énergies pour transcrire ces inspirations en concepts et tâches réalisables. Et pour y parvenir il va falloir prendre le temps de « ne rien faire » !

Alors perte de temps ou pas ? Certainement pas ! Et pour ceux qui seraient encore septiques demandez-vous si vous souffrez vraiment de « ne rien faire » ? Car là encore souvent « less is more », moins c’est plus ! N’éprouvez-vous donc aucun plaisir à être bien sans avoir votre esprit qui cogite comme un fou ? Etes-vous certain qu’il faille s’obliger à casser une grasse matinée où vous vous sentez léger, où vous rêvez, durant laquelle vous êtes heureux, pour aller faire une autre activité, ciné, sport, sorti entre amis, etc. ? Pensez-vous qu’à chaque fois que vous le faites-vous allez vers plus de bonheur que ces même sentiments de plénitudes que vous aviez au chaud sous votre duvet à profiter d’un moment simple ? Il est plus que probable que vous vous êtes souvent arraché à un moment de pur bonheur pour un autre qui était tout du mieux équivalent et rarement plus exaltant ! La seule différence tient dans le fait de bouger et de faire une activité. Celle-ci vous aura donné ce faux sentiment d’agir et de ne pas gaspiller de votre temps si précieux. Vous vous êtes créé un alibi. Votre vision aura été de vous occuper plutôt que d’être bien. Alors la prochaine fois que vous vous surprenez à ne rien faire demander vous si vous êtes heureux avec vous-même ? Si oui profitez alors consciemment de ce moment. Et si la réponse est non trouvez-vous une activité qui vous apporte vraiment du bien-être.

« Ne rien faire » et se laisser porter vous apportera surement beaucoup de bonheur, si c’est le cas alors ces instants-là ne seront pas gâchés mais bénis ! Voilà où le minimaliste que je suis voulais vous emmener, je voulais vous démontrer que parfois le bonheur vous file entre les doigts alors que vous êtes en plein dedans. Conscientisez les dès que vous les ressentez, capturez les et emprisonnez les comme des trésors que personne ne pourra jamais venir vous voler, ni même le temps qui passe. Pensez à cumuler un maximum de temps de bien-être et non pas un maximum d’expériences !

Bonne vacances de fin d’année ! Ressourcez-vous ! Amusez-vous ! Et laisser filer avec le sourire de longues minutes de votre vie ! Faites en l’essai et vous verrez que vous aurez de l’énergie à revendre à la rentrée !

Bien à vous !
Edouard Coste

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Mots clés : farniente, se laisser bercer, méditer, méditation, prendre son temps.

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Françoise 04/02/2014 08:40

Effectivement rien ne vaut la contemplation